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100 Piano Masterworks
24 mai. 2017 • Actualités

100 Piano Masterworks

Deutsche Grammophon présente 100 chefs-d’œuvre pour piano, une collection prestigieuse réunissant les plus belles pièces des plus grands compositeurs, sublimées par les meilleurs pianistes de l’histoire et d’aujourd’hui.

Nous ne savons pas exactement quand Cristofori construisit son premier forte-piano au début des années 1700, si ce n’est que les premiers modèles de ce type ressemblaient peu au piano de concert moderne. Leur fabrication relativement légère et leur sonorité délicate bien que bigarrée se prêtaient au nouveau style galant de l’ère classique, qui florissait dans les sonates de Haydn et de Mozart. Par contraste, Beethoven, étudiant de Haydn, repoussa les limites de la forme de la sonate en mettant à l’épreuve les capacités de ces instruments. Tandis que Schubert idolâtrait Beethoven et reprit son travail dans les grandes structures, ses dons lyriques apportèrent de nouvelles couleurs, nuances et profondeurs à des plus petites pièces comme ses Impromptus et ses Moments musicaux.

Alors que le piano évoluait et trouvait de plus en plus sa place au sein des foyers des classes moyennes, le marché des miniatures pour clavier et des suites de petites pièces en fit autant. Pensez aux Romances sans paroles de Mendelssohn, aux Kinderszenen (Scènes d’enfants) de Schumann, ou à la quasi-totalité de l’œuvre de Chopin. Malgré l’impact révolutionnaire de son style, Chopin fut davantage un classiciste que ses collègues, et assignait fréquemment à ses élèves Le Clavier bien tempéré de Bach ou les charmantes sonates de Scarlatti. Le 19ème siècle vit également l’essor de l’Interprète virtuose, Liszt en fer de lance, lequel inventa pratiquement le récital de piano et concocta des transcriptions et des paraphrases qui allaient avec ses dons et éblouissaient son public. Les Études de Liszt et de Chopin sont en effet considérées comme Le Nouveau Testament de la technique pour piano.

Le nationalisme dans la musique prospéra également durant le 19ème siècle, depuis les Pièces lyriques de Grieg et les Tableaux d’une exposition de Moussorgski en passant par les brillants compositeurs espagnols Albéniz et de Falla jusqu’à la fin du romantisme russe de Scriabin et de Rachmaninov. Si Debussy assimilait l’effet de son esthétique impressionniste française à un “piano sans marteaux”, Prokofiev se délectait de la nature percussive de l’instrument. Et, alors que la virtuosité brûlait encore au 20ème siècle, des pionniers comme Satie et Glass trouvèrent à la fois le répit et un nouveau potentiel expressif à travers la simplicité.
Le programme de chaque disque de cet ensemble mêle et apparie des œuvres de différentes époques, fondant le contraste et la communalité, la diversité et l’unité. Sur le CD 4, par exemple, on remarque les similarités entre les rythmes sautant du Gnomenreigen de Liszt (piste 12) et le second mouvement de de la Sonate pour piano n°13 de Beethoven, ou comment la cadence fleurie à la fin de la Nocturne op. 9 n°2 de Chopin (piste 17) se réfère à l’idée de texture principale du Prélude op. 32 n° 12 (piste 18) de Rachmaninov. De même, sur le CD 1, le galop fou des trolls de la Pièce lyrique op. 54 n° 3 de Grieg (piste 7) contraste avec les pas débonnaires du Children’s Corner de Debussy (piste 8). Une telle approche programmatoire est idéale pour ceux qui découvrent à peine la musique pour piano, tandis que les experts chevronnés apprécieront écouter les classiques intemporels sous un nouveau jour.

Les pianistes de ce coffret sont nés entre 1895 et 1995, et représentent une myriade de styles et de dynasties. Kempff, Seaman et Gulda versèrent dans les classiques allemands. Parmi les italiens du 20ème siècle, le solitaire Michelangeli fit montre d’un dévouement farouche et d’une grande maîtrise, tout comme Ciani dont la vie fut tragiquement courte et qui était en passe de devenir une figure majeure. Mozart fut un point de repère pour Haskil et Pires, tandis que les éclectiques hongrois Folder et Vásáry ne pourraient être si facilement catalogués. Tout comme Grimaud et Aimard, deux artistes français au penchant intellectuel. L’interprétation tendre de Brahms des frères Kontarsky surprendra ceux qui ne les connaissent qu’en experts avant-gardistes. Argerich et Barenboim se rencontrèrent alors qu’ils étaient enfants dans leur Argentine natale, et sont des citoyens de longue date du monde de la musique. Représentant la riche et colorée tradition russe, figurent les rivaux légendaires Richter et Gilels, Horowitz dans son excellente dernière période, ainsi que Zilberstein, Ugorski, Pletnev et le sensationnel et jeune Trifonov.

L’action de parrainage d’artistes émergents de Deutsche Grammophon est liée depuis longtemps au Concours international de piano Frédéric Chopin, par la mise en avant des derniers lauréats en date tels Yundi, Ingolf Wunder, Rafał Blechacz, Jan Lisiecki et Seong-Jin Cho (Pogorelich a en revanche fait la une en ne gagnant pas). Les récentes associations à Yuja Wang, Víkingur Ólafsson, Alice Sara Ott, au compositeur Max Richter et à Murray Perahia respectent toutes le profil traditionnel du label, tout en regardant courageusement vers l’avant.

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