Maurizio Pollini

Maurizio Pollini

La carrière de ce fabuleux pianiste commence en 1960 avec pour signe le premier prix du Concours international Chopin de Varsovie. Fils d’un architecte renommé, Maurizio Pollini est adoubé par Arturo Benedetti Michelangeli. Il tourne en Europe et fait ses débuts américains au Carnegie Hall en 1968. Concertiste admiré de Karajan, Böhm et Claudio Abbado avec qui il noue…

Biographie complète

Biographie

Fils de l’architecte Gino Pollini, chef de file du rationalisme italien, violoniste à ses heures et de la pianiste et chanteuse Renata Melotti, Maurizio Pollini naît à Milan le 5 janvier 1942. Dès l’âge de six ans, le garçon prend des leçons de piano avec Carlo Lonati et donne son premier concert en public à dix ans.

Années d’études, de concours et de concerts

En 1955, Maurizio Pollini entre au conservatoire de Milan qu’il fréquentera pendant quatre ans sous la tutelle de Carlo Vidusso. Durant cet apprentissage, le pianiste se fait remarquer pour un récital de Chopin relayé favorablement par la presse milanaise en 1957. La même année, un second prix du Concours international de piano à Genève lui ouvre les portes d’une carrière internationale de concertiste. Le jeune Pollini prend des cours de composition auprès de Bruno Bettinelli et termine ses études de conservatoire. En 1959, il remporte le premier prix du Concours Pozzoli de Seregno.

L’année 1960 est celle de la révélation internationale du jeune pianiste italien qui décroche le premier prix d’un des plus prestigieux tremplins, le Concours international Chopin de Varsovie. Programmé à la Scala de Milan pour un concert avec le chef d’orchestre Sergiu Celibidache, il interprète avec succès le Concerto pour piano n°1 de Chopin. Grisé par cette succession de prix et de concerts, Maurizio Pollini se retire de la scène pendant quelques mois et songe à arrêter une carrière naissante. Il reprend des études de physique et abandonne les concerts. En 1962, après un an et demi de sevrage, il retrouve goût au piano et suit une masterclasse donnée par Arturo Benedetti Michelangeli. Revigoré par les conseils du maître, Pollini rattrape le temps perdu par une série de concerts à Londres et à Berlin. Le 1er novembre 1968, il effectue ses débuts aux États-Unis, au Carnegie Hall de New York et deux ans plus tard il joue avec l’Orchestre philharmonique de Berlin.

Années de gloire et de récompenses

Proche du chef d’orchestre Claudio Abbado qui l’introduit auprès de Deutsche Grammophon, le pianiste signe avec le label au rectangle jaune en 1971 et enregistre des extraits de Petrouchka de Stravinsky et la Sonate pour piano n°7 de Prokofiev ; deux ans après, son interprétation des Études de Chopin lui vaut plusieurs récompenses dont le Record Academy Prize de Tokyo et le fameux Prix Edison. La tournée mondiale de 1974 est un triomphe pour Pollini qui s’aventure jusqu’au Japon où il joue le Concerto pour piano de Schumann sous la baguette d’Herbert von Karajan. Il enregistre par la suite une intégrale des oeuvres pour piano de Schoenberg et fait ses débuts de chef d’orchestre à la Scala de Milan. Son nouveau récital consacré aux Préludes de Chopin se voit décerné un Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros.

Spécialiste du répertoire romantique, Maurizio Pollini n’en est pas moins adepte des compositeurs contemporains. Après avoir créé en 1972 la pièce Como Una Ola de Fuerza y Luz de Luigi Nono, ce dernier lui offre la composition Sofferte Onde Serene que le pianiste enregistre avec Omaggio a Edgar Varese de Giacomo Manzoni. Au faîte de sa carrière dans les années soixante-dix, Maurizio Pollini est l’une des valeurs sûres de Deutsche Grammophon. Les enregistrements se succèdent avec les Sonates de Beethoven (primées d’un Gramophone Award), les Concertos pour piano n°19 & 23 de Mozart sous la direction de Karl Böhm, un cycle de lieder de Schubert avec Dietrich Fischer-Dieskau et les Concertos pour piano n°1 & 2 de Bartok avec Claudio Abbado, objet d’un nouveau Gramophone Award, tout comme le Quintette avec piano de Brahms avec le Quartetto Italiano. Dans la foulée, il forme un duo avec Mstislav Rostropovitch le temps d’une tournée où ils interprètent les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven.

Les années du sacre

Les succès de Maurizio Pollini se poursuivent dans les années quatre-vingt avec son intégrale du Clavier bien tempéré de Bach joué dans les grandes capitales mondiales et l’intégrale des Concertos pour piano de Beethoven à New York en compagnie de Claudio Abbado et du Wiener Philharmoniker. Le pianiste reçoit en cette occasion l’Anneau d’or de l’orchestre. Il enregistre également les Sonates pour piano n°2 & 3 de Chopin (Prix Edison) et les dernières sonates de Schubert. Au cours de la décennie suivante, l’infatigable maître du clavier retrouve Abbado avec le Philharmonique de Berlin pour les Concertos pour piano de Schumann et Schoenberg. Son récital en solo de Liszt récompensé par le Prix Edison et le Grand Prix du disque Liszt précède une tournée mondiale et la curation du Progetto Pollini au Festival de Salzbourg où il reçoit le Médaillon d’or de la ville. En 1996 lui est attribué le très convoité Prix Ernst von Siemens.

Pianiste comblé, Pollini a tout remporté. C’ets alors qu’il se lance dans la promotion de la musique contemporaine avec un Progetto Pollini itinérant jusqu’à Tokyo, les concerts Perspectives à New York et Kontrapunkte à Salzbourg. En 2001 paraît son interprétation des Variations Diabelli de Beethoven couronnées par un Diapason d’or et l’année suivante la Maurizio Pollini Edition vient sacrer trente ans de carrière et de fidélité à Deutsche Grammophon. D’autres enregistrements suivent (Sonates de Beethoven, Schumann, Nocturnes de Chopin, Concertos de Mozart…) et un documentaire de Bettina Ehrhardt lui rend hommage en 2002. En 2010, la Ville de Tokyo lui attribue le Prix Impérial. Le répertoire de cet artiste qui ne cesse de s’étendre fait de lui l’un des plus grands pianistes de son temps.