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Invocations, célébrations païennes de Katia et Marielle Labèque
27 oct. 2016 • Actualités

Invocations, célébrations païennes de Katia et Marielle Labèque

Katia et Marielle Labèque présentent le premier album issu de leur récente association au label Deutsche Grammophon. Intitulé « Invocations », son programme offre la transcription pour piano de Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky ainsi que les Épigraphes antiques de Claude Debussy.

 

Ces œuvres, toutes deux écrites au début du XXème siècle, se réclament d’une inspiration puisée dans les rites religieux des temps anciens – Le Sacre fut pensé par Stravinsky dans l’idée de retranscrire en musique les célébrations païennes de la Russie polythéiste quand Debussy songeait à produire un tableau plus hétéroclite des différentes coutumes du monde d’antan. Les deux hommes étaient amis et entretenaient une correspondance qui laisse supposer que Debussy fut fasciné et inspiré par Le Sacre du Printemps – dont la première au TCE en 1913 marqua profondément les esprits. Ainsi, on retrouve dans une missive de 1912 adressée à Stravinsky : « J’ai encore dans ma mémoire le souvenir de l’exécution de votre Sacre du printemps chez Laloy… Cela me hante comme un beau cauchemar et j’essaie, vainement, d’en retrouver la terrible impression. » Debussy écrivit ses Épigraphes deux ans plus tard, en 1914.

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Les deux œuvres furent toutes deux originellement pensées pour orchestre par leurs compositeurs –les Épigraphes antiques furent créés dans une version pour piano en 1916, Debussy avait pour idée d’en faire une pièce orchestrale–, mais font montre de deux approches musicales très différentes d’un passé païen fantasmé. Alors que Debussy dépeint un monde onirique et fantasmagorique dans une œuvre aux sonorités orientales, évocatoires et envoûtantes, servies par l’utilisation de gammes pentatoniques, d’arabesques et de descentes et montées chromatiques, Stravinsky pense un ballet endiablé et fiévreux, laissant la part belle au rythme marqué et au mouvement d’une transe collective d’adoration déique. Ces deux représentations imaginaires se croisent donc sur un album au fort contraste entre danse effrénée et rêverie onirique, à l’image de l’univers mystique et de l’énergie exploratoire des sœurs Labèque.

Elles interprètent les pièces non pas à quatre mains, mais dans des versions pour deux pianos. Stravinsky avait pensé une adaptation pour 4 mains de son œuvre pour assurer les répétitions du ballet, cependant, « La version à quatre mains du Sacre du printemps de Stravinsky […] est en l’état injouable et elle sonne mieux à deux pianos, notamment pour des questions de pédale. Si une mélodie qui nécessite de la pédale est par exemple accompagnée par des figures staccato qu’il ne faut pas « noyer », alors l’effet est impossible à quatre mains alors que les deux pianos et leurs pédales séparées le permettent. » expliquent les deux sœurs. Quant aux Épigraphes antiques, elles déclarent : «Nous les avons déjà joués en concert à quatre mains. Mais dans le cadre d’un enregistrement, où tout peut être contrôlé à la loupe, nous trouvons plus intéressant de les jouer sur deux claviers. Le son, la texture sont plus larges, et l’on peut mieux traiter ce qui, à quatre mains, pose des problèmes physiques. »

L’album, attendu pour le 18 novembre 2016, se dévoilera dans un extrait vidéo du Sacre le 4 novembre couvrant trois parties de l’œuvre : « Cercles mystérieux des adolescentes », « Glorification de l’élue » et « Danse de la terre ».

Katia et Marielle Labèque Invocation
Katia et Marielle Labèque

« Invocation »

SORTIE LE 18 NOVEMBRE 2016

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Une journée avec les sœurs Labèque sur France Musique, jeudi 15 décembre.

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