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Max Emanuel Cencic fait revivre Arminio de Haendel !
25 mar. 2016 • ActualitésMax Emanuel Cencic

Max Emanuel Cencic fait revivre Arminio de Haendel !

Max Emanuel Cencic, l’un des plus grands contre-ténors de notre temps, prend le rôle-titre dans l’opéra de Haendel Arminio, et nous fait grâce d’une éblouissante interprétation dans cet enregistrement.

Arminio Cencic
© Ilias Sakalak / Decca Classics

Il s’est entouré d’un casting exceptionnel, avec notamment la soprano canadienne Layla Claire, le ténor espagnol Juan Sancho ou encore le contre-ténor sud-coréen Vince Yi. L’ensemble Armonia Atena les accompagne sur des instruments d’époque, dirigé par George Petrou.

Arminio raconte l’histoire de l’héroïque guerrier Arminius (Hermann), prince des tribus germaniques des Chauques et des Chérusques, pendant l’invasion de la Germanie par l’Empire Romain. Capturés avec son beau-frère Sigismond par le général Publius Quintilius Varus, les deux hommes s’échappèrent lors d’une offensive lancée par une coalition de sept tribus germaniques, en prirent le commandement et menèrent leurs troupes à la victoire. Varus, qui périt durant le combat, donna son nom à cette catastophe, appelée Clades variana (désastre de Varus), qui marqua la fin définitive de toute tentative de l’Empire Romain d’annexion de la Germanie.

Arminio fut considéré comme « un miracle«  et fut qualifié « d’excellent à tous égards et immensément plaisant » par deux célèbres critiques contemporains de Haendel. Pourtant, l’opéra, écrit par ce dernier en 1736 à la même époque que ses chefs-d’œuvre Giustino et Berenice, ne connut pas le même succès que ses frères et ne fut joué que 5 fois du vivant de Haendel, sur une maigre période d’un mois de janvier à février 1737. Tombé dans l’oubli pendant presque 200 ans, il ne fut rejoué dans une forme grandement altérée qu’en 1935 en Allemagne, à Leipzig, et est aujourd’hui encore assez méconnu.

Dans ses notes sur l’album, l’académicien spécialiste de Haendel David Vickers décrit l’œuvre comme « l’un des moins joués et des moins connus de tous les travaux scéniques tardifs de Haendel » en raison de son écriture exigeante et destinée à deux castrats. Arminio présente en effet la particularité d’avoir au premier plan deux rôles particulièrement difficiles pour contre-ténors, Arminio et Sigismondo. Enfin, si les opéras de Haendel mettaient souvent à l’honneur des castrats, ceux-ci étaient à l’époque réputés pour faire preuve d’une grande rivalité entre eux – encore plus forte que celle existant entre les chanteurs lyriques aujourd’hui ! -, chacun enviant les rôles accordés aux autres.

Ceci est vraisemblablement l’explication du manque de considération accordée à l’œuvre. Cependant, grâce à la virtuosité de Max Emanuel Cencic et de Vince Yi, Arminio peut à nouveau être apprécié dans toute sa splendeur !

Pour l’écouter ou l’acheter : Arminio Cencic

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