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Max-Emanuel Cencic à la conquête de l’Empire Romain
10 juin. 2015 • ActualitésMax Emanuel Cencic

Max-Emanuel Cencic à la conquête de l’Empire Romain

On prend les mêmes et on recommence !

Le contre-ténor Max Emanuel Cencic revient pour la deuxième fois cette année avec Catone in Utica de Leonardo Vinci, l’un de ces rares opéras baroque qui regorge de secrets, à ranger du côté des chefs d’œuvre.

Après avoir triomphé avec Artaserse en 2014, Cencic s’est penché sur ce nouvel opéra de Vinci dont on doit le livret à un certain Pietro Metastase, le Pape des librettistes ayant collaboré avec Porpora, Hasse, Alessandro Scarlatti, Pergolese

Avec le succès de son album : Les 5 contre-tenors, il semble que le chiffre 5 porte bonheur à Max Emanuel Cencic. Il faut tout d’abord rappeler qu’au début du XVIIIème siècle, les femmes étaient interdites de scène et leurs rôles étaient interprétés par des hommes. Catone in Utica ne faille pas à la règle et ce sont bien… 5 contre-ténors que l’on retrouve au casting, aux côtés d’un seul ténor.

Pour ce nouvel enregistrement, Max Emanuel Cencic s’est entouré de trois chanteurs déjà présents sur Les 5 contre-ténors (Franco Fagioli, Valer Sabadus, Vince Yi), le quatrième , Juan Sancho étant le petit nouveau. Producteur de l’enregistrement par l’entremise de sa société Parnassus, Cencic n’interprète ici qu’un second rôle (Arbace), laissant ainsi les rôles les plus importants et aux airs les plus étonnants à Franco Fagioli et Juan Sancho.

Que peut-il bien se cacher derrière la couverture de ce nouvel enregistrement, agrandissement de la « Via Appia e Ardeatina » tirée du tableau Le Antichita Romane de  Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) ?

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Voici une histoire typique de l’opéra où se mélange histoire, amour et trahison au sein de l’Empire Romain. L’action se déroule plus exactement à Utique (en langue punique, Ancienne ville), située dans le nord de la Tunisie à une trentaine de kilomètres de Carthage (en langue punique, Nouvelle ville) en 46 avant J.C.. On y suit la rivalité entre César et le républicain Caton Le Jeune. On vous laisse deviner qui est le héros de l’œuvre…

Pour l’anecdote, Metastase composa le livret pour contenter les Romains. Une peine perdue, puisque le troisième acte qui se déroule dans un aqueduc souterrain semble avoir offensé l’orgueil et la sensibilité des Romains lors de sa création en 1728. Précisons aussi que cet opera-seria ne se termine pas forcément dans la joie et avec des chœurs, ce qui marqua aussi sensiblement le public de l’époque.

Reste qu’en apportant une nouvelle pierre à son édifice, Max Emanuel Cencic continue de nous enchanter avec des partitions rares et précieuses qu’il s’efforce coûte que coûte de défendre… et de porter sur scène . L’œuvre sera ainsi présentée au Château de Versailles les 16, 19 et 21 juin prochain dans une mise en scène de Jakob Peters-Messer

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